Colombie épisode 3, le grand écart…

La voilà. Implacable.

Nous la craignions depuis des semaines mais étions parvenus jusqu’à présent à la remiser dans un plis paumé de nos méninges. Mais aujourd’hui, il faut l’affronter, elle et tout ce qu’elle représente, la dernière route.

Elle n’est pour le moment encore qu’en embuscade, elle nous attend là-haut à Bucaramanga, à peine 150 km à vol d’oiseau d’ici, mais nous taraude tous les jours, s’immisçant dans tous les calculs d’itinéraire qui nous mèneront au point final du voyage avec Géo: Carthagène.

Après avoir renvoyé notre camion adoré, nous nous métamorphoserons en voyageurs à sac-à-dos. Nous disposerons alors sur la côte caraïbe de 3 semaines d’errance dont nous ne savons pas encore très bien quoi faire

La der des ders!

D’ici là, profitons du camion, allons voir du pays, dégourdissons-lui les essieux, chatouillons-lui la transmission. Nous poursuivons donc ce rêve éveillé qu’est la Colombie de la sierra, avant d’entrer dans la Colombie du littoral: el Caribe. Et là les petits amis, ce sera changement d’ambiance !

Vous trouverez les photos de ce bout de chemin ici

Encore un article long. Mais looooong… Profitez-en, c’est bientôt fini

Las Gachas, c’est pour pas gâcher…

Après Mongui (Mais si, souvenez vous, les ballons), nous avions repassé une nuit aux abords des termes de Paipa, histoire de repartir détendus et bien propres, c’est important. Au réveil, Hasso, un apiculteur suisse installé à Paipa depuis 30 ans, nous repère et nous invite dans sa boutique de miels en tous genres. Il nous raconte son incroyable parcours et surtout à quel point la vie ici apparait plus douce qu’en Europe. J’avoue qu’en l’écoutant égrainer la longue liste de ses arguments, je me dis qu’il marque des points, l’Helvète. Et je me surprends à y songer encore, voire tirer quelques plans sur la comète, alors que nous avons maintenant pris la route pour Guadalupe et Las Gachas, le prochain arrêt.

Ces points d’intérêt sont nos premiers égarements hors de la route 45A qui nous acheminera jusqu’à Bucaramanga, dernière ville de la sierra colombienne sur notre trajet, quelques semaines plus tard.

Pour découvrir Las Gachas, il faut rouler près de 20 kilomètres d’une route particulièrement cabossée qui nous fait grimper dans des montagnes boisées (ça faisait longtemps, tiens). Bondissant d’un nid de poule à l’autre, je me dis alors qu’il est fort probable qu’on soit seul à Las Gachas avec une telle route.

Perdu. Il s’agit visiblement d’un lieu de loisir apprécié par les locaux et qui sera, comme tous les coins paumés mais mignons de Colombie, assiégé et tonitruant le week-end, désert et olympien la semaine.

Nous y arrivons le dimanche en fin d’après-midi et c’est sur un pré pentu déjà bien occupé de voitures que nous prenons place, après avoir vérifié qu’en plus de faire le spectacle avec notre manoeuvre, on ne dérangeait pas. On ne verra pas les « gachas » ce soir. Trop crevé, trop roulé. Pendant que le parking se vide lentement mais complètement sous le soleil couchant, nous nous contenterons d’une bière, de pâtes et au lit.

Ce n’est qu’au petit matin que nous traversons les quelques champs qui nous séparent de las Gachas. D’ailleurs, les propriétaires des dits-champs ne doivent pas avoir une grosse envie de s’associer, car ils nous réclament chacun une contribution, modique, pour traverser leur parcelle.

Mais késako las Gachas? C’est plutôt étonnant comme endroit. Un large lit de rivière plat, où seuls 1 à 2 centimètres d’eau ruissèlent. Il est parsemé de puits presque parfaitement ronds, de 1 à 3 mètres de profondeur et 1 a 2 mètres de diamètre. Ce phénomène court sur environ un kilomètre et le but du jeu est de se poser là, piqueniquer et faire plouf régulièrement quand on commence à sécher. Rien de plus.

La journée est ma foi bien agréable, passe vite même, et ce n’est qu’en fin de journée qu’on décide de s’essorer et faire quelques courses à Guadalupe, à à-peine 5 km de là.

10 minutes de tuctuc plus tard, nous ne sommes même plus surpris de trouver dans cette zone si difficile d’accès un village aussi charmant, presque délicat, dont la vie en huis-clos semble satisfaire les habitants qui trainent çà et là, installant une chaise sous un arbre, ou squattant un bout d’épicerie, pour siroter une bière ou un café en discutant mollement. Quelques courses, un bon burger juteux sur la place, et nous visitons, comme toujours, l’église, qui est, comme toujours, animée et réconfortante. La nuit est bien noire, et depuis longtemps, quand nous rentrons au camion. Il est à peine 19h30…

Ici git San Gil

San Gil. Haaaaa, enfin une ville un peu crado ! On commençait à trouver cela louche aussi, tous ces villages mignons.

Heureusement, San Gil ne nous a pas demandé beaucoup de route , à peine 70 km depuis Las Gachas. Mais ici, cela se traduit en plus de 3 heures. Avec une belle majoration, au doigt mouillé, de +50% en camion (Ouais, la journée pour 70 bornes, ouais… )

A San Gil, on peine à se caser. Pourtant dans sa banlieue sud éloignée, les quelques points repérés pour passer la nuit sont miteux, trop petits, ou en travaux. Si bien qu’on se rabat sur une bonne vielle station service qui trône à 2 kilomètres de l’entrée de la bourgade. Elle a un grand parking derrière, presque calme, il est plat, à l’air sûr… Banco. On ne va pas se casser en 4 pour une seule petite nuit.

Parce qu’à San Gil, on n’a rien à y faire. Et tant mieux. La ville ne brille pas par son charme. Enormes congestions, klaxons non stop, le tout pas très propre. Seul intérêt : une ville de cette taille (50 000 âmes) doit bien compter un ou deux coiffeurs dignes de ce nom, non? Un Franceso Provosto ou Juan-Luis Davido ? Car les enfants commencent à avoir l’air de Beatles et il faudrait y remédier avant d’affronter la chaleur du littoral. Ça doit cuire là dessous.

Le résultat n’est pas si mal, je vous laisse en juger. Sans doute dû au fait que l’instinct de mère fit sauter Marie à la gorge du coiffeur quand il évoqua le mot « tondeuse ». Ils ont vite fait rangé leur outil, croyez moi. Sans cela, aujourd’hui, ils auraient la coupe à la mode sur tout le continent: rasé sur les côtés, avec un dessin sur les tempes… Boah, on se serait habitué. Non?

On barrit de plaisir … à Barichara !

Au petit matin de notre nuit de parking, nous sommes frais et dispos. Juste le temps de remplir notre bouteille de gaz (qui nous priva de pancake ces deux derniers jours, inadmissible!) et nous pouvons rouler nos 30 kilomètres à peine nous séparant de Barichara, le prochain village sur notre liste.

A c’qui parait, ce serait joli.

Et a c’qui parait, il y a sur les hauteurs, derrière le village, un refuge pour routards chaudement recommandé par nos amis des Gavazzsix. Nous y passerons bien une nuit ou deux, pour vérifier.

Ce sera 12! Nous y passerons 12 nuits ! Piégés par ce village et sa zone environnante croulant sous le charme et les bonnes surprises.

Pour ne pas ternir le tableau, je passerais promptement sur le teigneux dernier kilomètre qu’il faut se taper pour serrer le frein-à-main chez Joep (prononcer « Youp ») et Juul (« Youl »), nos hôtes hollandais installés ici depuis 11 ans. La piste est si étroite, pentue et cabossée que j’appelai Joep pour m’assurer qu’il y avait bien quelque chose, quoi que ce soit, au bout de cet improbable chemin de terre et cailloux qui ondule et grimpe sévèrement dans ces hautes herbes qui taquinent jusqu’à ma portière

un reporter de guerre vous fait vivre l’instant en caméra cachée, le filou!

Et bien oui, il y avait bien quelque chose: un petit bout de paradis…

Le terrain de Joep et Juul, est une sorte de mini-plateau herbeux au creux des la montagne, parsemé de grands et vieux arbres, surplombant la vaste vallée dans laquelle se niche Barichara, à quelques kilomètres à peine. Les hollandais accueillent les tentes de volontaires agricoles du monde entier et les véhicules de routards comme les nôtres. A notre arrivée, deux volontaires: Ariel un colombien, et Laurent, un suisse, un couple d’allemands ayant posé leur pick-up au fond du jardin depuis 2 ans, c’est tout. Et le reste du terrain est à nous.

Nous choisissons soigneusement une place au soleil, déballons le auvent (chose rare, signe inconscient d’installation durable), et visitons les lieux avec le si gentil Joep.

Il y a là, dans un silence à peine perturbé par le chant des oiseaux ou le bourdonnement des insectes, l’environnement idéal des voyageurs au long cours. Un bel espace commun, avec un sol en béton ciré du dernier chic, une vaste cuisine ouverte sur l’abrupte vallée, de larges espaces de travail en bois brut, des sanitaires designés par monsieur, en pierre et dotés d’eau chaude, des hamacs çà et là. Bien bien. Et le couple fait du pain chaud le matin… Houla, le traquenard se met en place !

S’en suivront 12 jours où jamais l’ennui n’osera pointer le bout de son nez.

Au premier jour, nous essayâmes le pentu sentier de montagne au fond du jardin qui nous fait gagner le centre-ville en 40 petites minutes de randonnée-varappe. Ce dernier deviendra notre routine presque quotidienne, sorte de pallier entre le calme si profond du camping et l’occupation du jour « au village ».

D’abord, nous découvrîmes la « piscine municipale » (15x8m d’eau fraiche à ciel ouvert avec un beau plongeoir), point bleu sur la photo aérienne ci-dessus et première rencontre quand on arrive à Barichara par notre sentier. Pour 32 000 pesos pour la famille (7 euros), quel déliiiiice de plonger dans l’eau fraîche, ruisselants de sueur ! Et puis, en 4 visites, nous n’avons croisé personne… Va vivre ça à Paris où l’on est, au bas mot, 17 forcenés par ligne d’eau dès 8 heures du mat!

Ensuite le centre. Barichara est le village qui a inspiré les décors d’Encanto alors t’as qu’à voir… Et c’est vrai que l’on se croirait dans un Pixar ici. Ruelles pavées si propres qu’on cherche les patins pour traverser, maisons blanches abritant de minuscules boutiques élégantes et épiceries aux hautes étagères colorées, une grande place arborée au centre de laquelle trône une fontaine et avec quelques terrasses autour… on y flâne volontiers après la baignade, sans but précis. Nous prenons nos habitudes au café cosy du coin, faisons nos courses aux différentes échoppes, reprenons notre souffle dans les superbes églises… avant de prendre un tuc-tuc à la tombée du jour, soit 18h00 à peine, et rentrer chez nous. Mais si, à 5 à l’arrière, ça passe !

Nous tombons amoureux de Barichara. Sans doute parce que nous nous en extirpons toujours au coucher du soleil, juste avant d’en être trop rassasiés, afin de mieux en redemander le lendemain.

Outre le badaudage paresseux dont les lieux sont propices, nous serons aussi un peu actifs. Un peu.

Par exemple, nous visiterons l’incroyable fabrique de papier artisanal, havre de paix exclusivement féminin, dont Samuel vous donne tous les secrets ici.

Aussi, nous irons à pied jusqu’à Guane , village du même acabit que Barichara mais encore plus petit, d’à peine 3 rues, accessible au prix d’une randonnée d’un charme fou (c’est plus clair ici). L’orage qui menacait s’écroula sur nous à la minute où nous atteignons le village… si c’est pas un signe!

Enfin, nous ferons la rencontre d’une famille pas comme les autres, Julie, Benoit et leurs enfants. Eux ont choisi de sabbatiquer en mode sédentaire. Et ils ont choisi Barichara. Comme par hasard ! Et comme je les comprends. Nos enfants se sont plu tout de suite, ce qui laisse le temps aux parents de pico… de discuter.

Bref, 12 jours d’une incroyable douceur, rythmés par nos papayes au nips et pains frais au petit-déjeuner, nos journalières incursions villageoises, et nos immanquables orages en soirée (c’est simple: 12 jours, 12 orages). Et 12 jours durant lesquels le camion se sera bien reposé, afin d’être en forme pour son baroud d’honneur des 15 prochains jours.

On se bouge carrément à Bucaramanga !

Qu’il est difficile de se déraciner ! En général, après plus de 4 nuits, on sent que l’effort pour reprendre la route est intense. Alors 12 ! Mais il le faut. nous avons tiré sur la corde à son maximum et il est nécessaire de quitter ce paradis aujourd’hui pour continuer de rouler sereinement. Si le bateau du retour part comme prévu (ce qui serait de l’ordre du miracle), alors nous ne disposons plus que de 2 semaines avec Geo. Pour faire 800 kilomètres.

Pour nous consoler, nous avons pensé nous arrêter, à peine 3 heures après Barichara, au parc Aquatique et National de Chicamoca. Enorme complexe célébrant l’impressionnant Canyon du même nom, ce fut l’occasion, après une bonne nuit au parador voisin, de s’essayer à une multitudes d’activités en plein air: étourdissant télécabine de 30 minutes traversant le canyon, tyrolienne de la mort, buggy, etc. Et bien sûr le parc aquatique surplombant le canyon. Tout cela est finalement assez peu visité malgré l’intérêt certain du lieu. Le prix sans doute (une quinzaine d’euros par personne quand même!).

La cheffe du parking nous autorisant à passer la nuit ici, c’est donc le lendemain seulement que nous arrivons dans la région de Bucaramanga, grosse métropole bruyante et embouteillée de la région.

Mais nous, nous avons un plan ! Il s’appelle « chez Sebastien et Carolina », se trouve dans la calme « Mesa de los Santos » (un plateau boisé au large de la ville) et sera une parenthèse aussi agréable qu’efficace en cette fin de voyage.

Sebastien, c’est un des tauliers du forum BMH, réelle mine d’or pour tous ceux possédant un camion et cherchant à le chouchouter. La communauté de ce forum est d’une bienveillance et d’une expertise rares et m’a tiré d’affaire pas mal de fois pendant le voyage. Sebastien est installé ici depuis plusieurs années avec sa femme Caro et son fils José et ils nous offrirent un bout de leur jardin pour 3 nuits.

Et ils firent bien plus que ca! En plus des ballades et repas pris ensemble, Sebastien aime la bricole, a pléthore d’outils, et le vieux camion rouillé dans son jardin le démangeait. Avec son aide, on a refait nos tapis, traité (un peu) la rouille de la cabine, réparer la caméra de recul… Merci pour votre hospitalité, les amis ! On vous met en point iOverlander quand vous voulez ! Non?

L’éprouvant Caribe, et l’oasis de la Finca des Délices

Bon, là, c’est du sérieux. Après Bucaramanga, il nous faut avaler pas mal de bitume dans le Caribe (région côtière de la mer des caraïbes). Nous n’avons jusqu’ici en Colombie que connu les routes sinueuses de la cordillère, et nous descendons maintenant dans la plaine qui nous mène à Carthagène. Nous en avons alors pour 3 jours de conduite pleins, les derniers (snif), sur des routes certes bien plus plates mais à la chaleur désormais suffocante.

Et en s’approchant de la cote caraïbe, l’ambiance change autant que la température.

Les villages rencontrés, prisonniers de cette moiteur qui sévit toute l’année, semblent avoir abandonné l’envie de plaire. Ordures, chaussées défoncées, population désoeuvrée, maisons de tôle crasseuses, ambiance délétère… En 3 jours nous ne reconnaissons plus le pays qui nous a charmés au-delà de nos attentes pendant 2 mois. Mais ou est passée la suave poésie à laquelle nous étions habitués?

Nous tenterons une pause à Mompox, village soit-disant mignon, pour nous convaincre que le charme perdure, mais c’est une déception. La Colombie nous a offert tous ses atouts, semble t-il. A l’image de la traversée chaotique de San Estanislao, village aux rues de terre bosselée, et aux installations électriques anarchiques pour lequel Marie dut descendre du camion et me diriger sur près de 2 kilomètres en suant et hurlant (le fameux tube « braaAAaque, contrebraaAAaaque » bientôt dans les bacs, accompagné du single « Mais qu’est-ce qu’elle fout, je la vois pas dans le rétrooOOO« ). Ce qui ne m’empêcha pas d’arracher un câble qui pendouillait un peu trop et de me retrouver entouré d’une trentaine de zouaves du village (mais ils n’ont pas de boulot, ces gens?) trop contents d’avoir une attraction à se mettre sous la dent. La plupart observaient en riant, d’autres ne m’aurait pas laisser partir sans payer mes dégâts (ce qui est, entre nous, bien normal). Bon, après avoir essayé de remettre le câble à sa place et m’être confronté à mes limites en la matière, ben…. j’ai payé (l’équivalent de 6 euros, je m’en sors bien).

Bref, nos derniers jours de route n’ont pas le charme de notre arrivée à Ushuaia mais nous y étions préparés. Notre esprit est maintenant tout tourné vers la fastidieuse étape du shipping du camion et ce ne sera pas une partie de plaisir. Il faut être patient et ne plus trop réfléchir.

Heureusement que nous sommes tombés sur Ingrid et Fabien. Ceux-la, avec leur fils Julian, ont rendu vie à une finca abandonnée dans les abords Santa Rosa de Lima, gros village tout caribéen (ça veut tout dire). Nous sommes alors à une demi-heure de Cartagène et leur endroit, vaste, propre et calme, sera le lieu idéal pour vider Géo complètement de son contenu et répartir 1 an de vêtements, de babioles, d’outils, de souvenirs, d’ustensiles… dans 8 énormes sacs de voyages (qui voleront avec nous) et dans ses soutes déjà pleines à ras bord (et que je sécuriserai de la manière la plus sioux qui soit – je ne peux pas en dire plus, brevet en cours).

Ce seront alors 3 jours assez rudes. Outre la chaleur insoutenable, jour comme nuit, ils nous faut alors intellectualiser pour de bon que voilà, c’est fini. Nous avons quelques gros coups de blues heureusement interrompus par les délicieux et réconfortants plats qu’Ingrid nous prépare avec amour. Merci les amis ! Sans votre Finca des délices, c’était le burn out !

Pendant les 4 jours, nous ne verrons quasiment pas les enfants qui, suants à grosses gouttes, joueront intensément aux légos, sans trop se chamailler en plus. Comme s’ils voulaient nous faciliter la tâche, les amours…

Bye bye, GEO !

Bon, le jour J est arrivé. Nous avions repéré les lieux du port, discuté avec le transitaire pour éclaircir les derniers points administratifs, lavé le camion… là, il faut y aller.

Il est 7 heures du matin et nous nous dirigeons à travers la campagne carthaginoise vers le port de Puerto Bahia au Sud pour y déposer Géo. 2 jours plus tard, la douane m’appellera pour effectuer le fameux contrôle anti-drogue. Sur cette dernière heure de route, à 5 dans la cabine, nous n’en menons pas large. Nous passons notre playlist, celle qui nous accompagna pendant cette année, de la Patagonie à l’altiplano, du Pérou à la Colombie… Certains titres nous tirent des larmes à tous. Quelle aventure, non? Sans ce camion, si fort, si confortable, si souple, l’aventure aurait été tout autre. Comment remercie-t-on un véhicule? Une vidange? Un filtre à air tout neuf? Ou tout simplement en lui promettant qu’on le lâchera pas.