Câlin camion!

Des retrouvailles explosives…

On vous le promettait dans le dernier article : l’aventure avec un grand A commencera quand nous remmettrons le grapin sur notre engin.
Quelle prédiction!
On a eu droit, comme prévu, à une bonne grosse cascade de péripéties ! Et dès les premières minutes, même… Ouai, en fait, c’était presque trop.

Acte 1 : le Port

Notre agent avait pourtant failli spoiler le moment. « There has been some damages » qu’il nous dit, à nous et aux autres propriétaires venus à l’heure convenue pour retrouver nos chères maisons roulantes (essentiellement des allemands, sous toutes leurs formes: jeunes, familles, et retraités). « There has been some damages, but we don’t know on wich ones » … mon oeil, Eduardo ! Tu sais très bien lesquels. D’ailleurs c’est simple, c’est tous.

Car lorsque l’on arrive dans l’enceinte du port, on constate que c’est tous les camions ayant voyagé sur le vaisseau GRANDE ANGOLA de la Grimaldi Lines qui ont été ouverts, fouillés, volés, cassés pendant la traversée. Ceux qui seront repris ce jour mais aussi ceux qui ont été récupérés hier et, je l’apprends aujourd’hui, ceux qui seront repris le lendemain… ca fait une bonne palanquée de voyageurs mécontents qui hélas vont devoir faire usage de la technique du hurlement primaire pour se calmer tant les formes de recours sont minces. Voire nulles

Et à la distribution des dégats , nous ne sommes pas en reste. On aurait eu du rab que ca m’étonnerait pas.

Je m’approche… A vue de nez, le camion parait en bon état.

Et puis l’examen rapproché montre deux légères faiblesses: une soute entrouverte et une fenêtre qui n’est plus. Ca pue!

Je prends mon courage à deux mains et j’entre. Vision d’horreur.
Tout. Absolument tout, a été retourné et piétiné. Des portes de placards on été cassées.
Décidément, mes petites astuces anti-cambriole qui m’avaient rendu si fier avant le départ ne les ont pas impressionnés… peut-être même leurs ont-elles donné du coeur à l’ouvrage. Note pour plus tard: ne pas s’échiner à installer des alarmes sonores stridentes dans les placards contenant du matos, des serrures magnetiques IKEA ici et là, et , mon préféré la pose de caméras factices-mais-qui-clignottent-quon-dirait-des-vraies dans tous les coins. Ca les stresse et c’est contre-productif. Du coup, ils sont partis avec guitare, jumelles, enceinte, lampe, matériel de pêche, couverture et … tapis de douche (moi non plus, je ne comprends pas la logique…)

Acte 2 : Ca grince, là. Non?

Toute rancoeur bue, j’effectue avec mon agent Eduardo – presqu’aussi échauffé que moi – les formalités douanières d’usage et decide de quitter les lieux fissa. « Parce qu’au moins, il roule », me dis-je.

Sauf qu’il fait quand meme un bruit bizarre. Et une sorte de craquement lors des manoeuvres… Je mets un peu de temps à comprendre (environ 2-3 kilomêtres, soit juste ce qu’il faut pour être en plein traffic de sortie de bureau en centre-ville de Montevideo) que ces %*#@ de saguoins au port ont joué avec le differentiel et qu’ils l’ont bloqué (pour les néophytes, un differentiel bloqué, c’est bien. Pour se désembourber… mais très mauvais pour prendre des virages sur l’asphalte).

Acte 3: Et PAF !

Je cherche alors un endroit ou je pourrais m’arrêter et me mettre sous le camion pour débloquer ce satané vérin au marteau au milieu de la circulation. Ô joie.
Je progresse donc au rythme du traffic en cherchant des yeux un trottoir qui serait plus accueillant.

…Et PAF!

Une petite auto de marque non identifiée conduite par une petite madame un peu préssée grille un stop pour traverser ce traffic un peu trop lent à son goût. Sauf que je suis au milieu. Et qu’elle m’a un rien effleuré… J’y ai perdu un phare longue portée. Elle a salement amoché un bon quart de bagnole.

C’est là qu’on rencontre Alejandro-qui-travaille-en-face. Il nous propose son aide, nous donne l’outil qui décollera mon différentiel grippé, et parlementera pour moi avec l’assurance de la petite dame qui est déjà sur les lieux. Alejandro, tu as marqué beaucoup de points, ce soir !

Le camion arrivera de nuit chez Alfredo. Lentement, timidement, epuisé. Loin de l’arrivée en fanfare qu’il méritait après son long et tourmenté voyage… mais bien vivant et prêt à se requinquer !

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D’ailleurs, aujourd’hui, tout est oublié (ca ne pique presque plus).

Nous avons passé les quelques jours suivants à préparer GEO. C’est-à-dire le remplir (frigo plein, placards pleins, réservoirs pleins, gloups, miam, burp) et il est dans les starting blocks!

On profite aussi un peu du coin parce que finalement, on s’est attaché à Pajas Blancas et ses petites fêtes de quartiers, ses plages, ses chevaux…

Et bientôt on roule, baby ! (si si, ca va arriver, tenez bon ! 😉 )

6 commentaires

  1. Bacot dit :

    Un coucou du » Chnord »
    Vous êtes resplendissants de bonheur😁
    Continuez à nous faire rêver…
    Souvenir souvenir
    L’écrevisse de Thaïlande
    Bisou

  2. mzsje dit :

    Comme on dit « têtu comme un Breton » Le pire est derrière vous..
    Quel bonheur de vous suivre dans votre nouvelle vie grâce aux photos et commentaires saisissants .
    BRAVO,

  3. Oliv’ dit :

    Salut les voyageurs – Beau récit , c est cool que GÉO aille mieux !

  4. Mary Lyon Lyon dit :

    Bravo

  5. Vilallongue dit :

    Que l’aventure continue ça va rouler bisous à tous

    1. Gaet dit :

      Super plume frangin ! Hâte de suivre vos aventures… On lit votre blog avec les loulous… On vous envie trop (sauf pour les retrouvailles avec le camion gâchées par les méchants armateurs de tapis de douche 😂).. L’aventure commence !!!!

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