Bolivia, partie sèche

(attention, post très long, prévoir 2 cafés…. rhoo vous êtes en vacances hé!)

Fraichement arrivés en Bolivie, c’est la narine encore en phase d’acclimatation et les yeux encore peu entrainés à filtrer les ordures, que l’on se pose à Tupiza, base de départ pour découvrir la région, comme ce tour des environs que nous enchaînons tout de go: une boucle de près de 1000km en 4 jours dans la région du Sud Lipez, ce coin d’Altiplano andin qui comprend notamment le célèbre Salar d’Uyuni. On laisse le camion chez Mario 1 (parce qu’il y en a aura 2, va falloir suivre), à l’arrière de son étrange et énorme maison coloniale de Tupiza, accompagné de 2 autres véhicules, les 4×4 d’un italien et d’une famille de désormais amis, ces warriors de Gavazzsix. Là, nous allons tâter du désert (« encore » me direz vous) avant de rejoindre ensuite La Paz, capitale la plus haute du monde, d’où nous nous arracherons, au moins pour quelques jours, au climat montagnard pour prendre notre dose d’humidité dans la jungle Bolivienne.

le voyage du jour

Vous trouverez les photos de ce bout de chemin ici et

Tupiza: premiers pas, jusqu’aux genoux, dans la Bolivie

Ca y est, on le réalise pleinement maintenant, nous sommes en Bolivie.

La facilité du voyage en Argentine nous saute maintenant aux yeux. Ses grands axes, ses villages aux avenues larges, les commerces souriants, les stations services où il est toujours possible de boire un cafesito et manger un medialuna, ces arrêts impromptus où les amitiés ou du moins les discussions chaleureuses sont inéluctables.

Ici aussi c’est le désert d’altitude mais les rares « zonas urbanizadas » croisées n’ont pas prévu de tourisme et ont laissé le charme au vestiaire. Les bâtiments sont tous (tous !) en briques ou parpaings nus (une histoire de taxes, je vous expliquerai…),  qui confèrent aux villages une atmosphère de bric et de broc temporaire, d’atelier géant à ciel ouvert. Les regards tournés vers GEO lors de notre passage sont moins curieux et souriants que de l’autre côté de la frontière. L’environnement est plus rude, les rues plus rustaudes, les visages plus fermés.

Le reste de la route est beau, cependant. D’abord, en altiplano donc déserte, droite et aride, sous un soleil de plomb et dans un ciel sans aucun nuage, encerclée de monts dépassant les 5000m allègrement… On roule bien. Ca ronronne sec la dessous. On passe toute la matinée pointé vers notre prochain point de chute : Tupiza. 

Quand on arrive à Tupiza, il y a d’abord la joie de faire notre première vraie pause bolivienne, mais aussi notre premier plein de gazoil. Et la c’est le deuxième effet kisskool. Il y a un prix bolivien à 3,3 bols par litres (soit 45 cts, plutôt raisonnable n’est-il pas?) et un prix extranjeros à 8,8 bols! C’est pas la même ! Mon inexpérience d’alors m’empêche de trop négocier pour le moment et je paye plein pot le prix pour gringos, plus de 150 euros le plein! Ca faisait longtemps… Je vous rassure, plus jamais en Bolivie je ne paierai le prix fort. Il y a en définitive toujours moyen de s’arranger et de faire un win-win avec les tauliers, hors du champ des caméras de surveillance.

Plus loin en bordure de la ville, on s’installe dans l’arrière cour d’une belle bâtisse un peu coloniale renseignée sur Ioverlander (notre appli fétiche pour trouver un coin où poser ses grosses roues) et qui accueille les véhicules de passage. Depuis le covid, ils n’avaient reçu personne. Ce lieu relativement propre (c’est pas le bloc opératoire non plus) tranche franchement avec la poussière, le bruit et l’agitation fourmillante du centre de Tupiza pourtant juste de l’autre coté de l’avenue, où des étals de viandes, fruits, légumes, bric-à-brac partout mélangent leurs effluves et où vendeurs ambulants de tout et rien, mamies à longues tresses, chapeau melon, et jupe colorée, animent ce joyeux fouillis. Aussi, Un élément auquel s’habituer à partir de maintenant: les « toritos », ces sortes de tuc-tucs grouillants qui conduisent au klaxon et qui vous transportent pour 2 bols (30 cts) ici et là, se queue-de-poissonnant par centaines…. bienvenue en Bolivie!

Ici encore, chez Mario 1, on rencontrera des familles de voyageurs au long cours, Les Gavazzsix donc, qui voyagent avec 4 enfants (4-en-fants!!) en LandRover et remorque (les amis, quand on parle de vous, on vous appelle « les warriors » … mais aussi souvent les « tarés », ça dépend 😉 ) et Adelaide et Eric, qui sont eux en sac-à-dos avec leurs 2 enfants et qu’on recroisera sur notre chemin (Potosi, Cuzco…la prochaine, c’est à Paris, hein?)

C’est entre ces bonnes mains qu’on laisse GEO pour une infidélité de 5 jours: on part avec chauffeur dans le Sud Lipez, une zone lunaire ou manque d’oxygène rime avec solitude, poussière, et caillasse.

Pff, pff….

Le souffle peine. On s’extirpe du 4×4 de notre guide, Mario 2, qui me fait signe discrètement en pointant son doigt vers le sol et articulant en silence que c’est ici le point culminant du tour. Il est persuadé que le mal d’altitude est psychologique et ne veut pas affoler Marie et Samuel dont les estomacs pensent le contraire. On est un peu au dessus de 5000m, à coté de geisers et fumeroles qui font bouillir non stop une boue tantôt jaune tantôt grise dans une odeur de soufre. Autour de nous: rien. Des dizaines, centaines de kilomètres de rien. Un désert ondulant et rocailleux cerclé de monts martiens. Des tons ocres, rouges, jaunes sous un ciel bleu sans nuage et un soleil sans pitié. On est au deuxième jour de notre Tour au Sud Lipez et pour être poli, entre respiration difficile et secousses de cette piste presque imperceptible, on en chie un peu.

La première journée, que dis-je la première heure, déjà, annonça la couleur: maux de ventre pour tout le monde et Samuel qui vomit dans le 4×4 après les premiers virages de ce chemin quand même sacrément en pente. Il serpente en sortant de Tupiza et monte d’emblée dans les 4000m (Tupiza est elle-même à 3000m, en même temps). Il y a encore un semblant de végétation. Cactus et touffes d’herbes rases pour l’essentiel. Ca ne va pas durer. on s’agrippe aux poignées dans l’habitacle, les pierres et les trous font danser le Range Rover.  Cette première journée, c’est 8 heures de 4×4 soit 200km à peine… Seule la cuisinière,  on ne sait comment, parvient à s’endormir jusqu’à presque toucher le frein à main avec sa tête pendouillante. On ne la verra pas de la journée.

Ces quelques jours sont sensés être des « vacances », c’est à dire qu’on ne conduit pas et on ne fait même pas la cuisine, mais mon petit doigt me dit qu’on va rentrer claqués.

Les paysages évoluent lentement mais surement vers une typographie extra-terrestre. Une petite sensation de déjà-vu se fait sentir, la Puna argentine étant encore bien ancrée dans nos esprits. Sauf que là, c’est la gamme du dessus. Même pas en rêve, notre camion aurait pu prendre ces chemins qui font hurler la boite de vitesse. 

Les 4 jours de ballade nous ferons découvrir des coins aux limites de notre adaptation. Lacs d’altitude où viennent se reposer des flamands roses, des sources d’eaux chaudes, des geysers, des petits canyons et des formations géologiques tellement bizarres qu’elles n’ont pas de nom. Des bidules, on va dire. 

Le soir, on investit des barraquements nichés dans la roche ou dans le désert où se retrouvent d’autres groupes comme nous. Tous crevés et sales, Très peu d’enfants. Ca ne traine pas, ni ne refait le monde après le souper. Ca pionce sec.

Le programme des soirées est bien huilé: on sort du vehicule tout poussiéreux, la cuisinière (se réveille et) se met à la popote. Le guide révise son véhicule pendant qu’on marche un peu dans les environs, à peine 20 minutes , le temps d’observer les alentours forcément minéraux, et les millions d’étoiles qui nous remettent à notre place. Et la soupe est prête! Moi je me régale. J’ai interêt car pour faire honneur à la cuistot, on essaie de finir un tant soit peu les assiettes (Et comme Marie, Sam et Jules ne sont pas des aventuriers culinaires, disons que je mange pour 4 au sens propre). Et puis on se couche dans la foulée, il est à peine 19h00 et la température a dégringolé proche de zéro. Les nuits sont froides. Très. On dort habillés sous de lourdes couvertures. Les fenêtres se couvrent de glace et on s’endort, essoufflés. Le matin, rapide petit dej et nous remontons dans un 4×4 dépoussièré et révisé, sanglons nos sacs sur le toit du 4×4 et zou…

Répéter l’opération 3 fois.

Et le dernier jour, c’est le Salar d’Uyuni. El famoso. Pas le plus grand Salar du monde mais sans conteste le plus impressionnant, la couche de sel étant d’une épaisseur (80cm) et d’une blancheur exceptionnelles .

Lors de cette denière partie, il est impossible de se sentir seuls. une dizaines de 4×4, tous partis a 4h30 du mat (lever de soleil oblige), forment une sorte de troupeau etiré sur 5 ou 6 km. Mais cela reste incontestablement le point d’orgue de la semaine. 

Des heures de routes sur ce parking de sel si lisse de 10 000 km2, ponctuées d’un petit dejeuner sur l’ « île » del Pescadore, couverte de cactus et qu’on dirait tout droit sorti du cerveau détraqué de Dali un soir de biture.

On est morts de fatigue, mais c’est beau. Mais on est mort de fatigue… 

Apres le sel, un dernier crochet au cimetière des trains d’Uyuni (ville sale au possible) avant de rentrer … et let’s call it a day. Sud Lipez, checked !

En rentrant du tour, il faut le noter, la pile de crepes que nous firent les amis et qui nous attendait, entre le sucre et le Nutella. Petite madeleine de Proust dans cette Bolivie si brute.

Les enfants s’occupant ensemble et nous laissant avoir des discussions de grands (on appelle ca aussi « picoler » , il parait), on decide de passer le jour suivant avec cette french touch inopinée. Barbecue, re-crêpe, re-biere… vive la France.

Et puis on décolle. Direction Sucre.

Sucre 

« Sube un poco, baja, y sube de nuevo » (comprendre « ca monte ca descend et ca remonte »)… que nous dit Mario1 à propos de la route qui mène à Potosi, qui se trouve sur la route de Sucre, notre prochaine étape.

Je confirme: sube*. Sube beaucoup, même. *ça grimpe

Le camion fait de la température sur cette route et on s’arrête quelques fois pour le laisser respirer et nous aussi.

Quand le soleil se couche, on est a peine à la ville de Potosi, qu’on espère dépasser avant la nuit. La route qui entoure cette ville de débris et de pollution, sans arbre ni herbe, à 3800m d’altitude, est défoncée, couverte de vieux camions qui crachent du gazoil à s’en péter les alvéoles. On ne veut surtout pas dormir là, dans ces quartiers de garages et tôleries… là aussi je gardais un souvenir plus romantique de Potosi que cette vision « capharnaümique ». Mais on y reviendra.

On s’extirpe de ce traffic irrespirable et trouvons refuge à une 20 km plus loin, sur une route de campagne, pour se garer et dormir. Même la, relativement loin de la ciudad et à une telle altitude, les ordures sont partout. Mais ça fera l’affaire, on n’a qua fermer les rideaux et on est dans notre petit cocon orange.

Le lendemain, baja mucho *. Cette fois, ce sont mes freins qui chauffent à en faire cuire des oeufs au plats.

*ça descend beaucoup

https://youtube.com/shorts/1oBzwc5SggI?feature=share

Car Sucre n’est « qu’à » 2700m et qu’il faut pas mal descendre, et en virage serrés sivouplé.

L’arrivée à Sucre mériterait un post en soit. 

Pourquoi ai-je pensé qu’on pourrait naïvement suivre les indications du GPS qui nous mène à ce « camping » du centre ville , ou devrais-je dire ce jardinet entre 4 murs trouvé sur iOverlander* et où GEO pourrait à peine s’immiscer en se couvrant de vaseline.
*application reine des voyageurs véhiculés

Les rues sont étroites ! J’en grince des dents en écrivant ces lignes. Les câbles téléphoniques et électriques frôlent le toit, ça klaxonne de partout, et c’est quand je distingue la place centrale au bout de la rue, place bondée de monde et de véhicules, qu’on décide d’envoyer paître le GPS et contourner ce merdier. 

« Prends a droite ! » me dit marie

En bon soldat, je m’exécute. 

Le GPS re-arrange son offre mais persiste à nous faire passer par cette place. On veut pô ! qu’on lui dit ! Mais on aurait peut-être dû…

La rue entamée est pentuuuue , au moins 15% (70% ressentis), ….si étroite que je sens mes pneus chatouiller les voitures garées de chaque coté. 

La, j’avoue, ça panique un chouia à bord, je me dis que mon caleçon va y passer, surtout au moment de découvrir que la rue ne continue pas son trajet, elle impose un virage à gauche, en pente donc, à 90°, que le camion ne prendra jamais ! A moins qu’il soit fait en gélatine gout orange mais j’en doute, ça se saurait.

S’en suit la classique engueulade où le mari reproche à sa femme de lui avoir fait prendre la mauvaise route… hahaha, on en rit maintenant, hein chérie?… hein ??

Dans le feu de l’action, nos cerveaux turbinent et une seule solution: l’un de nous descend, stoppe la circulation 2 blocks plus bas en hurlant comme un putois tandis que l’autre fait une marche arrière dantesque en brûlant un cierge à sainte Rita pour que les freins tiennent… Comme c’est moi qui ai le permis PL, la distribution des rôles se fait toute seule et on passe le quart d’heure le plus tetrissesque du voyage.

Parenthèse: Là je remercie Martial, notre ange gardien mécano poids lourd qui refit nos freins avant de partir. Martial, on t’aime, on te doit du champagne!

Malgré l’interêt irrécusable des lecteurs pour ce genre de scènes, vous comprendrez qu’il n’y ait aucune photo pour l’illustrer. On fait appel à votre imaginaire ..

Evidemment, le jardin ciblé ne peut ni ne veut nous recevoir Et bien tant-pis! Pas moyen que je redémarre le bouzin, on passera nos 3 nuits ici, en face, dans la rue. C’est pas trop bruyant et bien placé. C’est pas plus mal.

On fera 3 jours de ville à Sucre, cette ville riche d’histoire et première université d’amérique latine, ville blanche inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité et sans doute une des plus jolies villes de Bolivie. Musée du Libertador par ci, maison de la Libertad par là. Il s’est passé pas mal de choses ici lors des guerres d’indépendance du « haut Pérou » (Bolivie actuelle) au 18 et 19e siècle. On apprend beaucoup (et on oublie beaucoup aussi, je le confesse)

Mais quel vacarme !

La ville est constamment congestionnée, bruits de klaxon, trottoirs à peine plus large que mes épaules (heureusement, je suis costaud)… et prix presque qu’européens, ce qui n’arrange rien. 

Elle est loin l’argentine ou tout coûte rien et ou le sourire est de mise.

On profite tout de même du marché couvert, labyrinthique et parfumé, plusieurs fois, avec Sarah, Francois et leurs enfants, voyageurs saint nazairiens (?) en camping car (Ils sont rentrés dans le « jardinet » de Mercedes, eux). Visite d’églises et de cathédrales, ballade sur leurs toits, glaces et restau de l’alliance française (slurp)…

Au moment de partir, l’angoisse du tétris reprend: comment sortir de là sans divorcer? 

Les rues rikiki se suivent, la sueur coule à flot… Marie a alors l’idée du siècle (qu’on reprendra plusieurs fois quand l’urbanisme l’impose): demander à un taxi de nous guider sur un chemin « camionable ». ça coutera 5 balles et on sauve nos sous vêtements. 

Eeeeet nous voila dehors, joie!

Nous faisons le plein rapidement. Enfin, pas si rapide que ça car pour avoir un prix raisonnable, on ne peut QUE remplir un bidon de 20 litres d’origine bolivienne (si si ). S’en suivent 5 ou 6 aller-retours entre la pompe et le réservoir de Géo qui se remplit dans un glouglou réconfortant.

Ce soir, on dort à Potosi !

Potosi

Les alentours de Potosi, sont moches, je l’ai dit. D’ailleurs, plusieurs routards rencontrés nous ont confié l’avoir expédiée, voire évitée, quand ils l’ont approchée.

Mais nous, on sait , pour l’avoir furtivement visitée il y a 13 ans, que son centre,  plus petit, presque aussi joli mais moins m’as-tu-vu que Sucre, vaut la peine.

On se gare alors près de son horrible gare routière, en profitant pour faire, dans une gomeria*, intervertir deux jantes et 2 pneus, j’avais ca en tête depuis quelques jours (Et oui, c’est à ce genre de subtilités que pense un routier qui conduit).

Le centre est mignon, comme dans nos souvenirs. la ville mériterait une journée de plus…

Du reste, le lendemain, on visite avec un guide francophone la mythique Mine du mont Cerro Rico, encore en activité, théâtre de mille et une légendes de mineurs qui verraient le diable leurs montrer les veines d’argent. On n’en menaient pas large devant les wagonnets grinçants et les galeries exiguës qui rappellent celles de charbon de notre Pas-de-Calais… mais abandonnées depuis plus d’un siècle, les nôtres !

Cette montagne, véridique, est à l’origine de la richesse de l’Europe du 17 et 18e siècle et on lui doit beaucoup de nos constructions et guerres de l’époque.

Allez, on joue: 1 photo de cette galerie date de notre précédent voyage… laquelle?

La Paz par Oruro

On quitte Potosi dans l’après-midi du même jour. RAS, ça glisse tranquillement sur ce ruban d’un asphalte très correct, montant et descendant dans la montagne. Peu de traffic. Et peu de vie tout court. Nous trouvons refuge dans une station service paumée en altitude mais presqu’accueillante (n’imaginez pas non plus le café ou des toilettes propres, mais il y avait de l’eau pour notre réservoir). Et le lendemain soir, nous nous approchons de la Paz, après avoir roulé, il faut le souligner, sur de la 2×2 voies à la sortie d’Oruro (grosse ville industrielle sans grand intérêt), une première dans le voyage.

Sur le chemin, on s’est fendu d’une pause dans un village en bord de lac, un peu tristounet, comme tout village ici, mais dont les écoliers nous faisaient de l’oeil pendant leur récré en voyant ce gros engin orange arriver. On se pose. Présentation, visite de la classe (où cohabite 6 niveaux au moins dans un espace étriqué mais joyeusement enfantin). On sort le drone (là je marque des points auprès des chicos). Et nous faisons visiter le camion aux plus téméraires (là, on est carrément les stars, avec nos toilettes, notre eau et notre électricité sur roues)!

Et on se délecte d’une belle piste bien droite avant d’arriver à La Paz en fin de matinée. 

L’accueil est violent: à 4000m, s’étalent pas moins de 10km d’ateliers débordants de feraille et de bouts de moteur agonisants. On s’arrête dans ce bourbis que pour manger une bonne soupe avec des vraies pattes de poulet dedans, et refaire une petite soudure aux batteries de cellule (l’une d’entre elles n’avait pas aimé qu’un bout de métal la relie directement à la masse… cours de techno niveau 4ème ). Mais l’ambiance est donnée: La Paz grouille, crache, fume, et c’est fébrilement que nous nous apprêtons maintenant à plonger dans son centre, vallée sur-construite, le coeur de la bête

Immersion dans la Paz: comment dire…

La Paz recouvre anarchiquement de ses constructions biscornues une vallée compliquée, aux multiples anfractuosités et à-pics, à 3800m d’altitude, entourée de monts a 5000m qui nous toisent ou que l’on se trouve.

La descente dans son coeur est un rien angoissante. Une série interminable de dizaines de virages en épingle et de pentes affolantes, met le camion à rude épreuve pendant près de 2 heures. La aussi, ça transpire en silence. Ce trajet est malheureusement obligatoire pour nous car le point de chute élu se situe sur les hauteurs de la ville, mais de l’autre coté. Ce qui signifie que le camion devra, après avoir chauffé les freins, monter des rues pavées à l’inclinaison improbable. Proche de l’arrivée, dernière pente audacieuse, nous manquons de caler alors que je ne suis qu’en seconde… dans une odeur suspecte d’embrayage…  et c’est fini, nous y sommes!