Le Gala des Pagos

Les Galapagos méritent un article à elles seules. Cette contrée, dont on entend parler sur RMC découverte sans jamais vraiment pouvoir la placer sur la carte, reste dans l’imaginaire collectif comme un ovni faunesque, isolé des turpitudes de notre monde violent et pollué, une sorte de fenêtre sur ce à quoi le monde devait ressembler juste après les dinosaures, et juste avant qu’on vienne tout péter.

Ha c’est là les Galapagos ?? Ben ouais!

C’est en tout cas avec cette idée des lieux aussi nébuleuse que prometteuse que nous embarquons depuis l’aéroport de Quito pour le vol Avianca AV1631 qui nous mènera à San Cristobal, notre première île des Galap’ .

Nous resterons sur l’archipel une quinzaine de jours, bien de quoi se repaitre de sa nature exubérante… à moins qu’on n’en ait jamais assez?

Attention, ce post est un THDP (Très Haute Densité Photographique). Impossible de faire autrement. Trop de scènes, d’animaux à capturer… Mais comme vous en voudrez encore petits gourmands, vous trouverez encore plus de photos de ce bout de chemin ici

Cap sur les Galap’

On ne sait même plus trop à quoi s’attendre des Galap’, tant on lit de choses sur ces terres archaïques où règnerait en maître une faune sauvage et opulente. Alors comme ça, on y verrait des phoques ET des lézards dans les rues ? on pourrait y chatouiller des tortues de mer avec la main droite ET des requins avec la gauche? En même temps? On donnerait la priorité aux tortues de terre aux ronds-points? …C’est trop beau pour être vrai. Nous avons hâte de démêler le vrai du faux et remettre ces légendes à leur place.

Mais ces cailloux en plein milieu du pacifique se méritent. Marie s’est sévèrement remonté les manches depuis des mois pour nous concocter un programme aux petits oignons afin de visiter ces 3 îles sur une grosse quinzaine de jours ( conseil du voyageur: l’onéreux billet d’avion payé, vaut mieux rallonger la sauce sur place, quitte à dormir à la belle étoile avec les otaries) . Il se murmure qu’entre avion, hôtels et bateaux, l’organisation serait même plus compliquée que pour le Machu Picchu, c’est pour dire …

Avant de décoller, nous avions laissé notre fidèle destrier orange au Nord de Quito, dans la finca d’Aurore. Nous avions aussi passé une journée dans cette capitale à moitié dégueue, à moitié dangereuse, et à moitié faite de centre-commerciaux et de fast food. Pas de coup de coeur pour Quito, donc. Mais nos missions (test PCRs en urgence, impression des évals du CNED en guise de révision d’été – 247 Pages ! – et achat de camera 4K-qui-va-dans-l’eau-à-30-balles-j’ai-un-doute…) furent effectuées en moins de 24 heures. On ne peut pas se plaindre. Et puis on s’est rempli de mac-DO/uber-eats dans l’hôtel devant un TopChef en pyjama la veille du départ pour les Galapagos, #priceless.

Eeeeet nous voilà en route, les festivités peuvent commencer.

Le trajet et l’arrivée ne sont pas les étapes les plus exotiques d’un voyage aux Galapagos et pourtant, elles méritent d’être détaillées car elles alourdissent subrepticement la logistique déjà bien relou entreprise pour préparer ce voyage

  1. Arrivée à l’aéroport de Quito, 5 heures du mat: muffin à 5 dollars et queue de 30 minutes pour l’aqcuittement de la Taxe du gouvernement des Galapagos (kesako? ok, 20 dollars par tête de pipe)
  2. Passage au scanner spécial Galapagos de tous les bagages (pas de fruits, ni miette, ni graine)
  3. 3 heures de Vols, dont une escale à Guayaquil, sans encombre (si ce n’est ce petit boulet qui met son jeu video à fond sans que ses parents ne lui mettent la pichenette derrière l’oreille qui est d’usage dans ces cas là)
  4. Arrivée à San Cristobal, queue d’une heure pour payer la taxe du parc national des Galapagos (100 dollars par personne, ouch!)
  5. De là, 2 dollars de taxi pour relier la ville se trouvant à 1 km à peine. 2 dollars par personnes pour emprunter la jetée. 1 dollar par personne pour monter dans un petit bateau qui nous mène dans un bateau plus grand situé à 100m qui lui nous coute déjà 35 dollars par personne …

Si j’ajoute à ce vol manifeste et continu le fait que les restaurants, cafés, musées, épiceries, taxis, boulangeries, etc. des îles testeront tous le coup du « halala-je-me-trompe-dans-la-monnaie » pour tenter de t’empapaouter de quelques dollars ici et là… vous avez nos premières impressions des lieux. Vénères.

Premier stop : Santa Cruz, la hype.

Heureusement, cette impression amère d’être pris pour un portefeuille sur patte ne dure pas. D’abord, parce que très vite, on développe le réflexe ninja de recompter notre monnaie en un clin d’oeil et la capacité bouddhiste et apaisante d’envoyer valser les arnaqueurs avec flegme. Et ensuite parce que les véritables tauliers des lieux, les animaux à poils, écailles ou plumes, eux, ne vous déçoivent pas. Bien au contraire… Et ne les cherchez pas au bois de Boulogne ou au parc Monceau, 9 espèces sur 10 sont endémiques des Galapagos.

Dès les premiers pas sur San Cristobal, alors que nous n’y passons qu’un bref moment afin de prendre le premier bateau qui nous mène à l’île du milieu, (Santa Cruz), de longs et majestueux lézards noirs, les iguanos marinos qui pullulent ici, te passent négligemment entre les jambes alors que tu pousses déjà des « woaaaa » admiratifs devant un phoque qui se gratte dans son décor de crabes rouges et bleus turquoises. Bim ! Que le spectacle commence !

Et ce n’est qu’un succinct amuse-bouche.

Après 2 heures de bateau assourdissant qui me verra déposer mon premier vomi océanique, nous débarquons au port de Puerto Isidro Ayora, 15 000 habitants tout de même et capitale de Santa Cruz. Ca fait du bruit et ca brille de commerces pimpants et restaurants hors de prix (Les Galapagos, c’est du tourisme chic). Le proprio de notre hôtel nous attend à la jetée (ponton dont il faut encore payer l’usage, of course) et nous amène dans son « chez lui », à une 15aine de minutes en voiture. L’endroit est spartiate. Très. On a payé 40 dollars par nuit pour 5, petit déjeuner inclus, il ne fallait pas s’attendre au Ritz. Mais le couple de gérant est adorable, aux petits soins, et nous concocte des petits déjeuners de fruits et pancakes maison qui donnent du peps pour la journée.

Parce que du peps, il en faut ! La météo n’est pas avec nous sur les 3 jours que nous passons à Santa Cruz. De la brume, de la pluie, et de brèves éclaircies souvent venteuses. Qu’à cela ne tienne, la température est bonne, le moral est là, et on a des ponchos. On va profiter, les amis !

Sur Santa Cruz, nous passerons deux belles journées avec les Oreo (souvenez vous, une belle rencontre du Nord Pérou). D’abord sur la magnifique (mais un peu trop visitée) plage de Tortugas, qui offre le spectacle des va-et-viens des iguanes marins allant pêcher et revenant se poser sur la plage, là, juste à nos pieds, et un superbe snorkeling tellement facile que c’en est dérangeant (ces poissons multicolores sont des vrais? où sont les ficelles?)

Nous irons aussi rendre visite aux mascottes des Galapagos, les tortues géantes terrestres. On en trouve ça et là sur les routes ou sur leurs bas côtés. Mais elles ont leur QG dans ce sanctuaire du centre de l’île. Toutes d’âge canonique (« celles là sont des petites jeunes, à peine 90 ans… »), les femelles migrent en 3-4 mois de voyage sur les abords de l’ile pour pondre. Les jeunes passent ensuite une trentaines d’années autour de leur lieu d’éclosion avant de venir vivre ici… ces temporalités laissent rêveurs… j’espère qu’elles aiment méditer parce que niveau interaction, c’est limité ces bestioles.

Santa Isabella, la sauvage

Notre deuxième île est la plus éloignée de l’archipel. Il s’agit de Santa Isabela. Elle aussi se rejoint au prix d’une interminable navigation de 2 heures, dans les 120 décibels des moteurs et les tape-cul incessants des vagues. Mais je tiens à souligner que je n’ai pas vomi.

Beaucoup de visiteurs ne se rendent pas à Santa Isabela. Trop loin, pas assez de temps, pas assez d’infrastructure… Son atmosphère tranche donc singulièrement avec celle de Santa-Cruz-la-starlette. Plus grande île mais bien moins peuplée (2000 habitants), Santa Isabela offre une ambiance lassive de bout du monde. Une seule route. Un petit centre-ville. Et beaucoup de randonnées sur des chemins sablonneux. On s’y sent vite seuls.

Evidemment, les quelques agences de tourisme vous proposent mille et une aventures aussi couteuses qu’inoubliables (snorkelling un chouia plus coloré, plongée avec les tortues un rien plus nombreuses, découverte d’une ile un peu déserte…) mais n’y toucherons pas. Nous préférons, pendant ces 6 jours sur l’île, prendre nos habitudes familiales, comme sur le ponton Conchas de Perla où un snorkelling magnifique nous attend chaque jour, la playa Isabela juste en face, où l’on peut nager aux coté des phoques, la glace du gouter ici, le petit restaurant de grillade là… Une vraie pause nature et découverte.

Pour ralentir le rythme encore un peu, Samuel tombera malade, « rien de grave » nous dit le jeune docteur de l’île, mais l’occasion tout de même de rester alité une journée à regarder des dessins animés… avec Papa, héhé !

Seule contribution au business touristique local: une randonnée au volcan Sierra Negra que nous nous organisons avec une guide rien que pour nous. La ballade se fera loin des larges groupes qui arpentent chaque jour ces chemins (mais on les voit quand même au loin) et nous vaudra quelques belles courbatures. Ca monte rapidement et la brume épaisse du matin fait vite place à un soleil de plomb qui nous brûle les épaules et les mollets. Mais le spectacle en vaut la peine: au sommet, une vue splendide sur le cratère de lave qui coulait encore il y a une dizaine d’années. Et plus loin un autre mirador nous gratifie d’un panorama sur tout le nord de l’ile qui s’étend sur des dizaines de kilomètres. Jules évidemment y chapardera quelques pierres volcaniques sur le chemin. Malgré l’interdiction expresse. Coquin.

Au matin du dernier jour, nous quittons notre chambre douillette à 5 heures du matin pour enchainer pas un, mais 2 trajets en bateau, soit plus de 4 heures 30 d’un mixer bourdonnant, pour revenir sur San Cristobal en passant par Santa Cruz.

Les enfants, ayant bien compris le doux pouvoir soporifique des anti-nauséeux, les ont avidement réclamés avant d’embarquer, et ont passé tout le trajet dans un joyeux brouillard. Ils arrivent à San Cristobal en pleine forme, eux.