Débonnaires à Buenos Aires

les photos de ce bout de chemin sont ici

A peine fûmes nous sur les routes d’Argentine qu’une escapade urbaine nous tendait déjà ses bras. Enfin son bras, le droit, car le bras gauche, c’est pour le maté.

Mémoire pleine… :/

Hmmm, où en étions nous? Ceux qui suivent, une idée… ?

Nous nous sommes quittés il y a quoi ? boah, un mois à peine… pour vous ! En temps standard ! Cela représente environ un an pour nous, en temps voyageur… et ca explique que je me fasse maintenant violence pour écrire cet article, me remémorer les dernières aventures familiales, tant elles furent denses et variées. Ou bien je vieillis, tout simplement.

(ndlr: De plus, à l’heure où je vous écris, je me trouve au paradis patagonien, à une heure de pista du pueblo le plus proche, la fenêtre de notre cuisine m’offrant la vue d’une crique isolée, où badinent quelques phoques et cormorans, le tout bercé par le rire des mouettes et le souffle du vent sur le camion. Alors hein, c’est pour dire…)

Ha voilà ! Il me semble que nous vous avions laissés à Salto, Uruguay, sous 40 degrés à l’ombre, juste avant la visite du papa Noël (qui nous a débusqués au camping), à quelques encablures de notre première frontière terrestre, avec l’Argentine.

Ce passage douanier, aussi lourd soit-il sur le plan administratif et sanitaire, revêtait à nos yeux une valeur toute affective, presque symbolique. 

Car l’Argentine, ce territoire de 5 fois notre hexagone mais près d’un tiers moins d’habitants (ca fait… beaucoup de place par tête de pipe), coup de coeur indéniable de notre premier voyage il y a de cela une douzaine d’années, demeure l’une des rares contrées où nous accepterions d’être confinés sans trop de regrets dans l’hypothétique cas d’une flambée virale. Il était alors primordial de s’y faufiler, et fissa si possible, surtout quand on lit c’qu’on lit et qu’on entend c’qu’on entend sur le covid qui serait au micro ou je sais pas quoi…

Je vous épargne l’orgie de documents et QR codes qu’il a fallu produire aux agents de frontière, dans un bâtiment aussi grand que glauque, antant sale que vide, pour poser le pied et la roue en argentine. Ce que je peux vous dire, c’est qu’une fois la barriére levée et l’Uruguay dans notre dos, un sentiment ambivalent nous habitait. L’excitation de plonger dans le pays de nos fanstasmes avait été tempérée par les quelques sous-entendus relevés cà et là dans nos conversations avec les copains urugyeens, qui, en substance nous avertissaient que l’Argentine n’etait pas le temple de l’ordre et de la bienséance qu’est l’Uruguay, et que la beauté du pays ne devait pas nous faire oublier que les argentins étaient filous. Les anecdotes, qui seraient drôles si elles n’étaient pas contées sous le ton sérieux du conseil à un ami, sur les flics corrompus ou les banlieues douteuses, devaient nous le rappeler

A ver…

Les premiers jours ne nous permirent pas d’infirmer tout cela : un camping accueillant mais on-ne-peut plus moyen à Concordia. Puis un autre à Zarate qui, indiqué au bout d’une bonne heure de piste épuisante, avait décidé de ne plus exister (rires jaunes), et une premiere nuit dans une YPF (prononcez hipéhéf), les stations essences tous-services du pays, qui deviendront des points de repli efficaces sur la route.

Rien de mirobolant pour le moment donc, mais rien d’effrayant non plus… Et puis avait-t-on seulement commencé?

Les premiers pas

Nous l’avions d’abord évoqué avec eux, puis de fil en aiguille fermement prévu: nous devions rejoindre à Buenos Aires Maria, Manuel et leurs 3 enfants, des ex-montmartrois que nous croisions tous les matins à l’école, Mathis l’ainé etant camarade de classe de Samuel. Ils vivent maintenant au Brésil, et passe quelques temps à Buenos Aires.

Pour profiter de B-A, il fallait s’affranchir de deux missions: laisser le camion en banlieue de la grosse ciudad, là ou il ne risquait rien (et puis mes créneaux en PL 11 tonnes dans un centre-ville bouillonnant sont encore un peu brouilon) et trouver un hotel pas trop mal placé en ville et abordable à nos bourses de routards.

La première mission fut expédiée en 2 coups de cuillères à pot grace à l’appli indispensable iOverlander qui sait tout sur tout. Le camion dormirait à Tigre, dans un hivernage pour camions de voyage (les « campers »). Et avec l’epoque peu propice aux voyages que nous vivons, autant dire qu’ils ne manquent pas de clients. Une bonne vingtaine de camping-cars européens, toutes tailles, toutes formes, prenaient tristement ici la poussière et se couvraient de crottes d’oiseau depuis 2 ans. Triste vision. 

La deuxième tâche fut plus facile que prévue. Voire un régal. Je m’explique.

L’argentine dispose de 2 taux de change: l’officiel, pour les échanges commerciaux internationaux, où le Peso vaut quelque chose (environ 1 centime d’euro). 

Et l’officieux, pour favoriser l’import de devises plus robustes comme le dollar US ou l’euro, le taux BLUE (rapport aux billets de dollars un peu « bleus », les plus récents, qu’il faut fournir pour y avoir droit). La très bonne nouvelle (mais alors très très) c’est que le taux BLUE est accessible aussi simplement qu’en se rendant dans l’un des inombrables bureaux Western Union. Avec cette combine bien connue des touristes, le Peso ne vaut plus que la moitié du centime sus-mentionné. Vous l’avez compris, si on évite les banques, notre pouvoir d’achat double. DOU-BLE madre de Dios !

Du coup, disons le sans honte : on se lâche franchement, hop!

D’abord, avec cette suite familiale dans un hotel plutot chic avec piscine et petit déjeuner servi en chambre,  dans le quartier huppé de Parlermo s’il vous plait, pour une somme que je n’aurais pas l’audace de vous donner… (en fait si, 45 euros la nuit)

Ensuite en mangeant. Tout le temps, n’importe où. Ribambelle de glaces, cascade d’empanadas, farandole d’alfajores, une bière par ci, une pizza par là… l’IMC familiale a bondi de 5 points (et pas trop redescendu depuis). On sue du Dulce de leche.

Enfin en arpentant cette ville, si chère à nos coeurs car elle marqua il y a 12 ans le point de départ d’un periple qui indirectement inspira celui-là. Et comme les tarifs de taxi ici feraient grimacer un peu plus (si c’était possible) nos chers taxis parisiens (en gros, on traverse la ville pour 3 euros. A 5, je le rappelle), hé bien on a tout vu, profité de tous les quartiers. De San Telmo à la Boca, de Parlermo Soho a Palermo Hollywood.

L’Ecoparc et ses animaux, le relaxant jardin Japonais, les quartiers bobos, les popus, les rues commerciales, les quartiers chics… Je me suis même fendu d’une petite visite aux bureaux Google de Buenos Aries, où je n’ai pas croisé âme qui vive (du coup j’ai chopé des snacks, évidemment, un reflexe professionnel)

On a également croisé Manuel et Maria, comme prévu, plusieurs fois. Et rencontré leurs amis. Encore merci pour votre accueil et les moments passés. On se revoit très vite sur le trajet.

Et comme leurs 3 mômes ont les âges des nôtres, on a même pu profiter de discussions d’adultes entières et en francais, les enfants s’occupant entre eux, on ne sait où, d’on ne sait quoi.

Cette escapade urbaine restera un délice, un bonbon, dans nos carnets de voyage. On avait prevu 3 jours, on y restera une semaine.

On en repart pleins d’energie, reposés, debarrassés de tout doute sur la richesse et la beauté du voyage qui nous attend ici.

On a ensuite récupèré GEO. Il avait bien dormi et pris quelques crottes de pigeon lui aussi. Il avait aussi eu la charmante idée d’abriter une famille nombreuse de moustiques qui nous ont accompagnés quelques jours. Mais il était surtout ravi de se dégourdir les essieux sur la Panaméricaine, qui nous conduirait à la mythique Ruta 3.

Depuis, vous vous en doutez, nous avons vécu mille choses, rencontré mille amis. Mais c’est une autre histoire…

Le Sud, fait chauffer les saucisses, nous voilà !

9 commentaires

  1. papy dit :

    Salut à la petite famille en pleine aventure.C’est avec plaisir que je suis(suivre)les péripéties très différentes vécues dans ces pays ex-sauvages.je suis rassuré pour mes futures soirées d’hiver,il y aura de longues lectures pour les faire bien passer.Gros bisous.Papy-Grand’Pa.

    1. jonathetmarie dit :

      Merci ! On va tâcher de te faire lire un maximum ! 😉

  2. Jérémie dit :

    Vous semblez épanouis ! C’est trop bien de vous suivre comme ça 😉 profitez !!! (C’est bon je vous donne l’autorisation vous pouvez y aller 😀 mdr)

    1. jonathetmarie dit :

      ha, on hésitait à aller plus loin… 😉 en même temps, si on roule un peu plus, on tombe à l’eau !

  3. Magali dit :

    Salut!!! Les photos sont belles, le texte bien écrit, merci pour le shot de voyage ! Ca fait du bien!

    1. jonathetmarie dit :

      Merci, venant d’une muse de romancier, c’est flatteur 😉

  4. Régine et Pierre Tabary dit :

    Superbes photos et commentaires, bon vent à vous, bises !!!

  5. serge hapiot dit :

    J’aaadooore!

  6. mcvilallongue dit :

    bravo, merci de nous faire voyager à travers vos récits et vos photos des bisous à tous

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