Un saut à Salto

Le coude gauche offert aux rayons ardents du soleil Sud-américain, la main droite caressant le plastique du volant oscillant nonchalammant, la mèche ondulant suavement sous la brise tiède de la campagne uruguyénne une après midi d’été, le moteur vrombrissant, crachant ses gaz et proposlsant l’engin à une allure folle (au moins 80 km/h) sur des routes droites interminables flanquées de palmiers, et les innombrables coucou-pouët-pouët échangés avec les camioneurs venant d’en face…

A y est, plus de doute! On y est, sur la route.

Et ca fait du bien!

On a mis du temps à décoller, je le concède. Montevideo nous ayant fait du chantage. Affectif, sanitaire et mécanique.

Affectif parce que nous nous sommes beaucoup (trop?) plu chez notre hôte Alfredo. Tellement, que chaque jour de plus au milieu de ses chevaux, moutons, paons…repoussait la probabilité de départ du jour suivant. Alfredo, Marco, Pierre, Joachim: mi casa es tu casa. Ne changez pas ! Au plaisir de vous revoir bientôt. C’est certain.

Chantage sanitaire, car nous nous sommes accrochés à la chimère d’une vaccination à Montevideo, qui chaque jour, nous glissait entre les doigts telle une anguille, réclamant un nouveau formulaire, un nouvel appel à un nouveau numéro, une nouvelle visite à un nouveau ministère… Beaucoup se sont cassé les dents à essayer de nous aider mais quand ca veut pas, ca veut pas. Beaucoup de temps perdu pour rien. On est certes incollables sur les méandres de la politique vaccinale uruguyénne de décembre 2021… pas certains que cela nous serve beaucoup…

Mécanique enfin parce que soyons honnetes, un voyage en camion sans galère mécanique, ce serait, surtout pour le lecteur moyen de blog, d’un ennui profond. Alors pour coller à la règle, les batteries du camion ont décidé de nous lacher au petit matin du jour du départ, une grève éclair en somme, comme pour imiter les enfants qui pleuraient déjà de devoir quitter Galaxya, Guapa et Bonita, « leurs » chevaux.

Ce dernier cahot m’a permis de confirmer l’adage du toursite longue-durée: un jour = une complication = un nouvel ami = une solution. Car c’est à ce moment qu’entrent en scène Washington et Eduardo, de Motul Uruguay, qui me prennent en main et dorlottent GEO comme jamais. Batterie, vidanges, et zou, on pouvait enfin s’extirper des griffes de Montevideo qui avait si bien su nous retenir… Merci à l’équipe Motul-UY. Efficacité, sourire, profesionnalisme… tout y est. On a preque envie de tomber en panne.

Du coup, on roule.

Un peu, hein, on n’est pas forains, non plus.

4h max par jour, c’est amplement suffisant.

D’abord parce que les premiers jours de route sont toujours un peu stressants, hein, c’est vrai, ca. On garde l’oreille dressée, prête à capter le moindre cliquetis suspect. La narine aux aguets, décidée à debusquer la moindre odeur douteuse. A la plus petite pause pipi, hop, un petit tour sous le chassis (d’ailleurs, faites moi penser à verifier – en Argentine, c’est moins cher – le niveau du pont arrière, y’avait une goutte)

Et puis qu’est-ce que ca chauffe, la vache ! Entre la météo estivale qui nous gratifie d’un bon 37°C des familles, les pneus qui hésitent entre l’état solide ou liquide, et le chauffage à fond dans la cabine pour soulager les entrailles boullantes du camion… Tout est brûlant! Et nous, on coule de partout… Vivement la Patagonie, sa fraicheur, et Florent.

Pour l’heure, notre première destination est Salto. On mettra 2 jours à la rallier. Sur place il faudra rester quelques jours et faire les demarches (formulaires, PCR et tout le toutim) pour passer en Argentine. Sur sa route, le premier arret fut trouvé au beau milieu d’une ligne droite, en pleine pampa suffocante, sous la forme d’un vaste camping, fort bien entretenu, longeant une rivière, offrant eau et electricité… mais vide. VI-DE. Donc gratuit ! On se dit que si c’est ca l’itinerance en camion, ca va être du gateau, héhé !

Le lendemain, Marie nous improvise un arret dans une ville en plein cagnard et fort peu avenante. Mais de taille moyenne ! donc qui pourrait contenir un vacunatorio. On frappe à quelques portes… en vain évidemment. Ce vaccin ne nous veut pas, et bien qu’il aille se faire f&@%* !

Et le soir, nous voilà à Salto. Enfin, « Termas del Dyaman » pour être plus précis. C’est juste en dessous, à 15 km. Comme son nom l’indique, l’endroit tire sa renommé des sources d’eau chaude qui fleurissent un peu partout et permettent à chacun d’avoir de l’eau chaude à foison, d’arroser son jardin à l’eau chaude 24/24, et à chaque bout de jardin d’avoir sa piscine d’eau thermale. Notre point de chute en compte 3: eau chaude, eau très chaude, et eau brulante.

Il s’agit d’un camping. là encore très bien entretenu, et là encore vide. Nous sommes les seuls au monde ici, ce qui permet aux enfants d’avoir chacun leur piscine et de nous y inviter, le soir venu, pour admirer le coucher du soleil sur la prairie attenante, où gallopent chevaux et batifollent perruches. Avec une oetite bière et un bout de pastèque…On peut pô se plaindre.

C’est aussi là qu’on fait la rencontre de Barilla et Walker, les 2 accolytes du camping, nos deux nouveaux super-amis, qui gèrent l’endroit quelques heures par jour (le reste du temps, c’est nous !).

Je ne resiste pas à l’envie de vous narrer, de mémoire et traduit en francais, le dialogue que nous eûmes avant-hier avec notre poto Bari’.

Nous: « en effet, on est resté un peu longtemps a Montevideo, on cherchait à se faire vacciner »
Lui: « Et ca n’a pas marché? »
Nous: « Non, et pourtant, on a tout essayé: ambassades, ministères, etc… »
Lui: »OK, j’appelle Rosa »
A ce moment, on se demande, un peu soupçonneux, si Rosa est le cerveau d’un réseau de contrebande du vaccin Sputnik , ou le nom de code d’un medecin repenti qui fait des faux certif…
Barilla, raccrochant « c’est bon, je vous amène demain à Salto, on vous vaccinera »
Nous: »naaaaan… »
Lui: »et si »
Nous « Mais … »
Lui: « Et oué »

Autant vous dire que, connaissant jusqu’à l’os le système médical uruguyéen et ses failles, je ne pariai pas un peso sur la réussite de l’entreprise. Mais le lendemain, Barilla nous accompagne à l’hosto, on rentre, on grille la queue (désolé hein), et on se fait vacciner. Comme ca. boum. mic droppin’.

Nous ne sommes ni des aficionados de la seringue, ni des phobiques du virus, mais quand on entend que l’Argentine ou le Chili s’autorisent à penser fermer leurs frontières aux non-tri-vaccinés… On la voulait notre dose de Pfizer ! On l’aurait bu au goulot !

Et maintenant? Et bien on se détend. Bien bien.

Une petite journée au parc aquatique (à 100m d’ici, littéralement) par là, un petit tour en ville par-ci, 5 à 10 ploufs quotidiens dans les piscines pour échapper à la chaleur, une petite visite des magnifiques environs fournie par Walker ou Barilla… voilà en gros ce que l’on se permet. Et ce sera comme ca sans doute jusque Noël.

Papa Noel est prévenu, on lui a donné l’adresse du camping 😉

Pour la suite, le prochain récit sera sans doute d’Argentine.

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D’ici là, Feliz Navidad à tous ! et gardez nous du foie gras !

il a pas un peu chaud le papa Noel ?… ca devient louche cette histoire …