Longue escale à Puerto Madryn

A Bahia San Blas, nous nous sommes mis en mode « Océan« . Le vent, la pluie, l’odeur de la mer, parfois la fraicheur, nous accompagneront pendant les prochaines semaines, et on aime ça (on est du ch’nord ou pô?). Puerto Madryn contient tous ces ingrédients, et plus encore…

Plic, plic, et re-plic.

Je m’étais naïvement convaincu qu’un camion, ca suintait, qu’il y avait toujours quelques gouttes sous un bahut sans qu’il y ait lieu de s’affoler…

Sauf.

Sauf quand les dites gouttes émanent du réservoir de gasoil, que celui-ci n’est déjà pas bien gros, et qu’il n’est pas, mais alors pas du tout loufoque de faire 300km sans trouver de station service…

De ce fait, ca me trotte dans la tête.

Depuis quelques jours, c’est le réservoir gauche du camion qui laisse perler quelques larmes. C’est très certainement la longue et cahoteuse piste pour quitter Bahia San Blas qui a laissé d’autres sequelles que nos lombaires endolories. Le réservoir est vieux, en ferraille, et ça doit frotter de partout la dessous.

Ho, ca fuit très peu, à peine l’équivalent d’un expresso par jour. Mais vous savez ce que c’est, on commence par le p’tit café du matin et on finit par enchainer les gros cappuccinos jusque tard dans l’après-midi… alors il faut régler ça.

Promis, quand on est à Puerto Madryn, on s’en occupe, en plus de se donner un peu de bon temps « en ville ».

Car Puerto Madryn est une ville importante de la Patagonie du Nord et le point de départ d’une multitude d’excursions prises d’assaut au printemps pour admirer les baleines qui viennent s’accoupler dans le golfe de la péninsule Valdès, 6 mois par an. Elles sont même visibles de la plage. A c’ qui parait.

Nous, on ne le saura jamais parce que ces 6 mois de badinages de cétacés se terminent en décembre, et qu’étant déjà bien avancés en Janvier, on devra se contenter de leurs cousins dauphins, phoques, pingouins, … On avalera bien cette petite pilule, sans problème.

Sur la route de Puerto Madryn,  il y a tout de même un arret: San Antonio del Oeste.

Je ne m’appesantirai pas sur cette escale ratée: le camping qui nous assure pouvoir nous accueillir est une minuscule déchetterie à ciel ouvert, et à l’entrée si étriquée que je ne pourrais même pas y glisser le camion avec un chausse-pied. Et puis la piste de la veille a également endommagé le porte vélo qui s’est littéralement déchiré en pleine ville après un dos-d’ane un peu brutal… (faut dire que, autant la France est le pays des rond-points que l’Argentine est la championne du monde de dos-d’ânes toutes catégories). Je me disais aussi que c’est étrange qu’en plus des coucous habituels des badauds, on ait autant de coups de klaxons et des grands signes affolés…

On entasse les biclous dans le camping car et on se rabat vite fait sur une station service pour la nuit, efficacement placée sur la route du lendemain.

Et le Lendemain, après à peine 2 heures d’une route un peu monotone (on est pourris gâtés, on se lasse vite), nous voilà à Puerto Madryn.

Puerto Madryn c’est là

La ville s’étale sur la côte atlantique , encerclée de collines, si bien qu’on la découvre toute entière en arrivant par la route qui la surplombe. 

On s’y installe dans le camping du coin, toujours sablonneux et toujours doté de 5 fois plus de barbecues que de vacanciers. Il y a là une colonies de vacances et 3 ou 4 familles d’argentins qui passent leurs journées à écouter de la musique, boire du maté, sans trop se soucier de faire du tourisme… c’est à la cool un argentin. Et puis Gaston, notre ami de l’étape précédente, en plus de nous régaler d’un asado bien copieux dès le premier jour chez lui, nous a déjà dégotté un soudeur pour le porte vélo. Et Motul, qui me rencarde sur les ateliers du coin quand j’en ai besoin, me déniche un « lubricentro » (sorte de garage qui ne fait que les vidanges et dont Puerto Madryn regorge bizarrement) pour verifier les ponts et le réservoir. Ca s’annonce pas bien, c’t’histoire?

Dès le lendemain, Cristian, le soudeur s’empare du porte vélo tandis que le lubricentro, qui m’avoue son incapacité à réparer le reservoir, me trouve dans le quart d’heure un joyeux garagiste confiant sur la réparation, qu’il veut entreprendre et achever dès le lendemain. Hmm ce serait pas un petit peu trop facile, finalement ?

Parce que le garagiste a très clairement surestimé ses compétences, et/ou sous-estimé la difficulté de la tâche. Il souffre à retirer le réservoir, car celui ci est engoncé derrière une foultitude de durites d’air qu’il faut retirer ou tordre. Lorsque je me résouds à vivre avec cet expresso quotidien de gasoil, il est trop tard, le mal est fait, et certains tuyaux sont déjà déconnectés, immobilisant le camion pour de bon.

Ce n’aurait pas été plus gênant que ca s’il savait ce qu’il faisait. Mais de un, il casse une nourrice d’air, et de 2, son pote soudeur qui pourra boucher les trous du reservoir a d’autres chats à fouetter pour le moment…

S’en suivra une rallonge de quelques jours à notre arrêt Puerto Madrylen qui ne devait en compter que 3.  Etirage qui nous soumettra à revenir chaque soir au garage pour dormir au camion…

Au total, on restera une semaine.

Mais on n’a pas chomé.

Fidèles à notre habitude depuis notre arrivée en Argentine, on a d’abord beaucoup mangé et fait du gras. Un peu de charcuterie, un peu de fromage, et avec ça je vous mets de la glace, mais bien sûr, et une autre bière avec une gaufre s’il vous plait, et les alfajores là dans la vitrine, ils sont à quoi? mettez-m’en une douzaine… burp… Je ne peux plus voir une pâtisserie au Dulce de Leche sans avoir la nausée.

On a arpenté la ville de long en large, au point d’avoir nos « spots »: Le Valentina , le Havana, sorte de salons de thé avec un peu de Wifi, ca ne fait jamais de mal, pour les après midi frais (parce que ca y est, au fait: il fait frais ! youpi !).. La plage du centre ville, belle et immense pour fatiguer la marmaille à creuser le tunnel sous la manche. Le ponton, qui avance si loin sur l’eau qu’il représente une balade en soi, et que ses derniers segments sont plus occupés par des phoques ronflants et grommelant que par les marcheurs.

Et puis il pleuvra. Bien comme il faut, ça faisait longtemps. Et on ira aussi au Cinema, 2 fois. Pour voir le même film Sing 2 (le seul dessin animé à l’affiche. il n’y a que 2 salles).

Ajoutez à cela une superbe ballade en mer, au petit matin du dernier jour. Le bateau nous amène a 8h00 au large de Puerto Madryn, dans le golfe Sud de la Peninsule Valdes, pour tenter d’apercevoir les fameux dauphins à ventre blanc. Sauf q’une heure et demi après, on est toujours bredouille et le capitaine nous fait craindre le pire. Serons nous parmi les 5% de visiteurs qui ne croisent pas les cétacés…? Et puis splash, ils arrivent. a babord, à tribord, ils sont en nombre. Dauphins virevoltants, faisant le salto comme dans les pubs, passant tout près et au dessous de nous. Spectacle magique qui laisse tout le monde pantois. 

On repart groggy, un peu encore abasourdi, s’imaginant une sorte de connexion avec ces mammifères, qu’ils nous cherchaient aussi et qu’on s’est trouvés…

Et puis un miracle n’arrivant jamais seul, le camion est prêt. Haaaaa. Le travail est pas mal du tout. Mais je ne lui fait pas des papouilles pour autant, au gars.

Demain on quitte ce garage qui, disons-le nous, ne nous laissera pas un souvenir des plus enivrants. En revanche, son prix, si! Le cout de l’opération, tout de même délicate, est modique. J’aurais en France sué à grosses gouttes avant d’entamer un tel démontage. Mine de rien, cela rassure sur les capacités du pays a nous offrir des réparations sans gréver le portefeuille…Ca c’est les bons cotés 😉

On teste d’ailleurs la solidité du dit réservoir dès le lendemain avec une visite de 2 jours sur la Peninsule Valdès. D’abord l’arrivée à Puerto Piramides, situé juste à l’isthme et qui, loin de tout, offre tout de même quelques cafés et une belle plage où nous passerons la soirée et la nuit.

Et le lendemain, le tour de la Peninsule (il est interdit d’y passer la nuit). 

Cette escapade marque le début de notre emerveillement patagon.

Imaginez. Nous partons de Puerto Pyramides dès potron minet lorsque le village dort encore et entamons une virée solitaire sur les pistes (de qualité correcte, je vous rassure) au travers de la péninsule pour rejoindre sa côte Est. 

La route sera à nous toute la matinée! pas une voiture ne nous tiendra compagnie sur cette presqu’ile de près de 100km de large et de haut. Seuls les guanacos, par centaines, galopants tous azimuts dans une steppe séche et vallonnée nous montreront le chemin. La nature est décidément magnifique. What a wonderful world, disait machin.

L’arrivée sur la rive Est de la péninsule est du même tonneau, nous offrant notre premier contact avec une colonie de pingouins bruyants et sautillants, valeureux habitants de cette dune défiant les milliers de kilomètres d’océan qui viennent s’échouer ici en vagues bruyantes et insistantes. Le vent fort ajoute au tableau. On est alors loins, physiquement et mentalement. 

ON sera de retour a Puerto Madryn le soir, pour dire hasta luego à Gaston , Laura et Dante qui nous ont aidés sur cette étape. On se reverra sur le trajet, se dit-on, sur la mythique Ruta 40, la cousine de la Ruta 3, qui remonte le pays coté « cordilière ».

Notre prochaine étape est d’ailleurs un lieu recommandé par Gaston, une crique à l’est de Camarones, autre village de pêcheurs qui « vaut le coup ». Ca tombe bien, ça rentre dans notre planning !

On se retrouve très vite pour vous raconter ça… !

Un commentaire

  1. breton dit :

    y a pas à dire…raconté de cette façon on attend la suite.

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